Dans ce désert, ce fut d'abord la solitude. La solitude spirituelle. Pour ne pas aller contre la volonté de Dieux, je ne voulais plus prier. Seulement "Que ta volonté soit faite." Moi qui refusait de dire cette phrase, c'était désormais ma seule prière "Que ta volonté soit faite." Et encore, pour éviter d'"interférer", de parasiter la pureté du message, autant ne plus prier. Ne plus prier en se disant que c'est la meilleure façon que la volonté de Dieux se fasse.
Oui mais je me sentais seul, vidé. En ne priant plus, mon désert ressemblais plus à une plaine morne Tarn-et-garonnaise sous une chape grise et uniforme de nuage bas de mois de novembre qu'aucun soleil ne semble jamais pouvoir percer un jour qu'au Sahara baigné de soleil. Chaque jour de non-prière était un pas de plus vers la dévitalisation totale. Oui, en ne priant plus, je me rendais compte à quel point la prière était vitale pour moi, à quelle point elle était mon souffle nécessaire à ma vie aussi important que l'air. En Egypte, quand j'imposais ma volonté dans la prière, j'étais heureux et je croyais faussement que ma joie venait du fait que je pouvais tout obtenir par la prière. Je croyais que j'étais heureux car riche. Il y en a qui sont riche en argent. Moi j'étais riche en foi. Or, je me rendais compte que ma joie venait en fait de l'acte de prier lui-même et non du résultat obtenu. D'ailleurs, si mes prières étaient exaucées s'était souvent après des mois de persévérance - mais non laborieux la prière étant exquise - et avec des conséquences fâcheuses imprévues (cf. L'art de prier 15). Mon sentiment d'une vie pleine se trouvait dans ma relation avec Dieux dans la prière. Maintenant que je ne priais plus, je redevenais le mort-vivant que j'étais avant de prier. Seulement, n'ayant jamais vécu à cette époque dans la prière et donc n'ayant jamais atteint la vitalité vécue dans la prière, je l'ignorais. Maintenant, je m'en rendais compte. Il fallait donc que je prie pour vivre car désormais je le savais, la prière c'est la vie.
Mais quoi prier puisque de toute façon je ne veux rien d'autre que la volonté de Dieux ? Et alors, une quatrième intuition m'est venue : "Ludovic, pourquoi toujours te mettre dans une relation d'utilité ? Faire ceci en vue de cela et ne pas faire ceci car cela ne sert à rien ? Et pourquoi ne prierai-tu pas gratuitement ?"/ Je me suis dis : "Oui, c'est la seule solution, le seul chemin possible pour sortir du désert : pour vivre j'ai besoin de prier, pour respecter Dieux je ne peux imposer ma volonté. Il n'y a qu'à se placer en face de Dieux pour le plaisir, le joie, le bonheur d'être en face de Dieux. Les hébreux du Sinaï avait peur de voir Dieux sous peine de mourir. Moi, à défaut de voir Dieux - s'il ne veut pas se montrer à moi telle est sa volonté - je vais mettre le plus possible en face de lui, autant qu'il le veut bien, pour vivre." Je me suis dis c'est cela le premier commandement : "Tu adoreras Dieu seul de tout ton corps, de toute ton âme, de toute ton intelligence." Le plus possible se mettre en face de Lui, gratuitement. Je me suis dis : "c'est cela la sanctification du Nom de Dieux." Et j'ai pu prier sincèrement : "Notre Père qui est au cieux, que ton Nom soit sanctifié, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel."
Et, sans le savoir à l'époque, je suis entré dans une démarche décrite par les Pères Neptiques : la démarche de la prière perpétuelle.
Le désert est désormais baigné de soleil et contient de nombreuses et belles oasis. Mais je ne peux pas dire que nous sommes en terre promise, car le combat spirituel fait rage plus que jamais à partir de cette étape. C'est de tout cela que je vais vous parler par la suite, de la beauté de la lumière du désert et de ses oasis et de l'âpreté du combat spirituel.
Que Dieux vous bénisse.
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Bon grain et ivraie
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